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Marchés: des taux américains inédits depuis 2007, prudence sur les Bourses
Marchés: des taux américains inédits depuis 2007, prudence sur les Bourses / Photo: Michael M. Santiago - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

Marchés: des taux américains inédits depuis 2007, prudence sur les Bourses

Les taux d'intérêt des dettes souveraines continuent de grimper mardi, le coût de la dette américaine atteignant même son plus haut niveau depuis 19 ans, sur fond de hausse du pétrole et de pressions inflationnistes croissantes juste avant la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed).

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Le rendement de l'emprunt américain à échéance dix ans atteignait 5,00% vers 11H GMT, après avoir atteint dans la matinée 5,03%, un niveau inédit depuis juillet 2007 et le début de la crise des prêts immobiliers "subprimes". A échéance 30 ans, il atteignait 5,37%, là aussi du jamais vu depuis 2007.

En Europe, son équivalent allemand, référence sur le continent, se hissait à 3,53%, contre 3,51% lundi soir, au plus haut depuis 2009. Le dix ans français grimpait lui à 4,49%, contre 4,47% la veille, un niveau comparable à 2008.

- Le pétrole grimpe encore -

La flambée continue des cours du pétrole depuis plusieurs jours alimente les craintes d'une montée de l'inflation dans les grandes économies, ce qui provoque ensuite une hausse des taux d'intérêt des dettes souveraines.

Vers 11H00 GMT, le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grimpait encore de 1,28% à 107,03 dollars. Celui du baril de WTI nord-américain gagnait 1,96% à 103,38 dollars.

Les Houthis ont infligé ces derniers jours d'importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique pour les navires reliant l'Europe à l'Asie.

Des infrastructures pétrolières de l'Arabie saoudite ont également été visées et par précaution un oléoduc stratégique, principale alternative au détroit d'Ormuz, a été fermé.

"La détérioration de la situation sur le marché obligataire complique la tâche de la Réserve fédérale américaine (Fed), et en particulier celle de son nouveau président, Kevin Warsh", relève Neil Wilson, analyste pour Saxomarkets.

Les marchés attendent en effet la réunion de l'institution, qui débute ce mardi. Ils anticipent dans leur grande majorité une hausse des taux, qui serait la première depuis juillet 2023, malgré les pressions de Donald Trump pour assouplir sa politique monétaire.

Le dollar prenait 0,10% face à la monnaie unique européenne, à 1,1538 dollar pour un euro. Suivront dans la semaine les réunions de la Banque d'Angleterre jeudi et de la Banque du Japon vendredi.

- Prudence sur les Bourses, rebond de la tech -

Dans ce contexte, c'est la prudence qui domine sur les marchés boursiers. En Europe, à la mi-séance, vers 11H00 GMT, Paris perdait 0,18%, Londres 0,18%, Francfort 0,06% et Milan grappillait 0,07%.

En Asie, Tokyo a fini à l'équilibre (-0,01%), Séoul a cédé 0,85% et Taipei 0,64%. Les contrats à terme portant sur les principaux indices à Wall Street permettaient d'anticiper une ouverture en légère baisse.

"L'appétit pour le risque s'est nettement affaibli, sous l'effet conjugué de la hausse des cours du pétrole, de la hausse des rendements obligataires et d'une forte vague de ventes dans le secteur technologique", résume Florian Ielpo, de Lombard Odier.

Les marchés ont été bousculés lundi par la multiplication des appels à ralentir la vitesse de développement de l'intelligence artificielle (IA) venant d'une partie des dirigeants du secteur.

Les entreprises profitant des investissements massifs des géants de la tech dans cette technologie ont nettement reculé lundi, à l'instar des groupes de semi-conducteurs ou des fournisseurs d'infrastructures électriques.

Elles reprenaient quelque peu des couleurs mardi, les investisseurs profitant des prix bas pour se positionner à nouveau. STMicroelectronics prenait 1,15% et Soitec 4,25% à Paris, et à Francfort, Infineon gagnait 0,65%. ASML avançait de 1,64% à Amsterdam.

Reste que les prix de l'énergie demeurent un "facteur de risque à court terme, surtout si le pétrole se maintient durablement à ses niveaux élevés actuels", explique Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.

"Au-delà de 100 dollars le baril, les effets négatifs sur la consommation, la croissance économique et l'inflation deviennent de plus en plus marqués. Et la situation au Moyen-Orient ne laisse toujours entrevoir aucun apaisement", ajoute-t-il.

E.P.Marquez--RTC