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Fuite de Flavio Bolsonaro : États-Unis et Argentine interpellés sur leur rôle
Fuite de Flavio Bolsonaro : États-Unis et Argentine interpellés sur leur rôle / Photo: Ricardo ARDUENGO - AFP

Fuite de Flavio Bolsonaro : États-Unis et Argentine interpellés sur leur rôle

Les gouvernements de Donald Trump et de Javier Milei sont sommés d'expliquer le rôle de leurs pays dans la fuite de Flavio Bolsonaro qui, après sa défaite électorale au Brésil, a fui vers les Etats-Unis via l'Argentine.

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L'ex-candidat conservateur Flavio Bolsonaro, 45 ans, est arrivé en Floride (sud-est des Etats-Unis) à bord d'un jet privé mercredi, au terme d'un périple rocambolesque passant par l'Argentine et l'Equateur.

Le fils de l'ancien président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro a été battu au second tour de l'élection présidentielle par le président sortant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, qui a réussi une remontada surprise.

Le candidat malheureux avait vu ses passeports annulés par la justice brésilienne dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de blanchiment d'argent.

Il n'a pas reconnu sa défaite, criant à la "fraude électorale" malgré les démentis de son propre camp et de la justice électorale. Il prétend "diriger l'opposition" depuis son exil américain.

- Insultes -

Jeudi, le ministère brésilien des Affaires étrangères a convoqué la représentante de l'ambassade d'Argentine à Brasilia pour qu'elle "donne des explications" après le passage de Flavio Bolsonaro par le territoire argentin.

La rencontre avec la chargée d'affaires argentine relève d'une "procédure habituelle", a indiqué vendredi une source diplomatique brésilienne sous couvert d'anonymat.

Mais dans la foulée, le ministre argentin des Affaires étrangères Pablo Quirno a démenti qu'il y ait eu "demande d'explications" de la part du Brésil.

Un haut responsable du gouvernement argentin a réfuté une quelconque irrégularité dans son passage.

Le sénateur, qui avait vu ses passeports brésilien et diplomatique annulés, a embarqué avec un passeport italien à son nom, selon un document de vol consulté par l'AFP.

Brasilia a rappelé son ambassadeur et rétrogradé ses relations diplomatiques avec Buenos Aires il y a quelques mois, après les insultes répétées de Javier Milei, qui a qualifié Lula de "voleur" et de "corrompu".

Le président ultra-libéral argentin est l'un des alliés de Donald Trump en Amérique latine.

Jeudi, le président américain a affirmé que l'élection brésilienne était "une honte pour le peuple brésilien".

- "Moments difficiles" -

Un groupe de parlementaires démocrates a demandé à l'administration Trump de fournir des explications sur la fuite de Flavio Bolsonaro, selon une lettre diffusée vendredi par l'une des signataires, la députée Sydney Kamlager-Dove.

"La question centrale est simple: le Département d'État, l'ambassade des États-Unis au Brésil ou toute autre agence du gouvernement américain ont-ils aidé le sénateur Bolsonaro à voyager aux États-Unis ou à entrer dans le pays (...) ?", peut-on lire dans cette lettre.

La défaite de Flavio Bolsonaro a sonné la droite brésilienne, qui croyait la victoire à portée de main après être arrivée en tête au premier tour.

Vendredi sur le réseau social Instagram, l'ancienne première dame Michelle Bolsonaro a évoqué "des moments difficiles".

Son mari, Jair Bolsonaro, est assigné à résidence à Brasilia après avoir été condamné à 27 ans de réclusion pour tentative de coup d'État après sa défaite électorale face à Lula en 2022.

"Mon mari souligne que l'heure est à l'union et non à chercher des coupables", a ajouté Michelle Bolsonaro, élue sénatrice début octobre.

Evoquant l'ancien président, elle a utilisé l'expression "notre leader".

Mercredi, peu après son arrivée aux Etats-Unis, Flavio Bolsonaro s'était présenté comme le véritable "leader" du Brésil dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux.

Cette lettre a suscité la réprobation dans son pays, jusque dans son camp.

Jeudi, le président du Parti libéral, la formation de la famille Bolsonaro, a affirmé que "personne n'approuvait" la lettre du sénateur. Il venait de rendre visite à Bolsonaro père.

Ch.Schroeder--RTC