Netanyahu et ses rivaux s'écharpent sur l'Iran dans les dernières heures de campagne
Benjamin Netanyahu a de nouveau agité lundi la menace iranienne et le risque pour Israël de se faire "anéantir" en cas de victoire de ses opposants, qui l'ont accusé de jouer un jeu dangereux à des fins électorales, à la veille des législatives.
Les électeurs sont attendus aux urnes mardi à partir de 07H00 heure locale (05H00 GMT), pour un scrutin qui s'annonce serré entre le camp du Premier ministre et celui formé autour du centriste Gadi Eisenkot.
Et dans cette campagne aux airs de référendum pour ou contre son maintien à la tête du gouvernement, Benjamin Netanyahu a multiplié jusqu'au bout les propos alarmistes.
"C'est un moment décisif pour l'avenir de l'Etat, car nous avons des ennemis qui veulent nous anéantir", a-t-il lancé lundi en fin de journée.
La chaîne 12 israélienne a rapporté peu après que le chef de l'armée Eyal Zamir avait exigé "une discussion approfondie" avec Benjamin Netanyahu après avoir reçu des directives pour une opération "susceptible de mener à un conflit avec l'Iran".
- "Finir le travail" -
Qualifiant cette confrontation d'"inédite", le média a précisé que la publication de cette information avait été autorisée par la censure militaire, renforçant l'impression que l'armée voulait faire connaître au public ses réticences.
Le ministre de la Défense a volé au secours de Benjamin Netanyahu - qui avait déjà démenti ces informations - en dénonçant des accusations "mensongères".
"J'affirme de manière catégorique qu'il n'y a eu aucune intention de la part d'Israël d'initier une attaque contre l'Iran avant les élections", a déclaré Israël Katz sur X.
Sans convaincre le camp anti-Netanyahu.
Ancien chef de l'armée, Gadi Eisenkot a mis son rival en garde : "N'essaie même pas de placer tes intérêts politiques au-dessus de la sécurité de l'État", a-t-il écrit sur X, s'opposant à ce que l'armée soit instrumentalisée par Benjamin Netanyahu dans sa "campagne pour sa survie".
Le Premier ministre dépeint depuis des mois ce candidat qui menace de le détrôner comme un danger pour l'avenir d'Israël, assurant notamment qu'il permettra la création d'un État palestinien - rejeté par Gadi Eisenkot - et formera une coalition avec les partis arabes israéliens.
"Gadi Eisenkot ne frappera pas l'Iran", a aussi affirmé lundi Benjamin Netanyahu, qui tente de convaincre qu'il est le seul à pouvoir "finir le travail" face à Téhéran, contre qui il a mené deux guerres en deux ans, avec les États-Unis.
- "Trop de dégâts" -
M. Netanyahu, qui a de nouveau reçu le soutien du président américain Donald Trump, a ciblé la République islamique à répétition ces derniers jours. Mercredi, il avait déjà affirmé que "renverser" le pouvoir iranien était le seul moyen d'éliminer la menace posée selon lui par Téhéran.
Dans sa publication, la chaîne 12 cite des sources anonymes au sein de l'armée disant craindre que le Premier ministre se serve de "la question iranienne pour obtenir un élan politique".
Les propos de la chaîne ont poussé son ancien ministre de la Défense et désormais adversaire, Avigdor Liberman, à exiger une enquête pour "trahison" contre le Premier ministre, prêt selon lui "à sacrifier des vies de soldats car il a peur d'une défaite électorale".
M. Netanyahu "a perdu les pédales", a aussi cinglé le chef actuel de l'opposition, Yaïr Lapid.
L'Iran a de son côté assuré que le résultat du scrutin ne ferait aucune différence pour la République islamique.
"Peu importe pour nous qui, lors de ces élections, prend la tête d'un régime qui n'a apporté que violence et massacres à notre région", a déclaré le porte-parole de sa diplomatie.
A la veille de l'élection, Or Horning, habitant de Tel-Aviv, dit espérer le départ du Premier ministre, qualifiant les trois dernières années après les attaques du Hamas le 7-Octobre de "chaos total".
"Je pense qu'il est au pouvoir depuis trop longtemps et qu'il a fait trop de dégâts", tant sur le plan intérieur qu'à l'étranger, dit à l'AFP cet employé du secteur technologique de 39 ans. "Son heure est venue".
O.Greco--RTC