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Nouvelle-Calédonie: les loyalistes largement en tête en province Sud, participation en recul

Nouvelle-Calédonie: les loyalistes largement en tête en province Sud, participation en recul

Les partis non-indépendantistes sont arrivés nettement en tête en province Sud, la plus peuplée de Nouvelle-Calédonie, selon des résultats partiels des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, un scrutin décisif où la participation est en recul, plus de deux ans après les émeutes meurtrières de mai 2024.

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La liste d'union des deux principaux partis loyalistes, Les Loyalistes et Le Rassemblement, a recueilli environ 50% des suffrages en province Sud, selon des résultats partiels portant sur la majorité des communes dont Nouméa, le chef-lieu et la ville la plus peuplée du "Caillou".

"Merci!", a lancé la présidente sortante de la province Sud, Sonia Backès, devant ses partisans réunis dans un restaurant de Nouméa, créditant sa liste de 27 à 28 sièges sur 40 à l'assemblée de la province.

"Les Calédoniens, en particulier les habitants de la province Sud, ont fait le choix d'un vote utile", a-t-elle ajouté, saluant "un message sans ambiguïté sur le maintien de la Calédonie dans la République".

La participation finale s'est établie à 63,7%, contre 66,50% au précédent scrutin en 2019, selon les chiffres du haut-commissariat.

Quelque 192.500 électeurs calédoniens étaient appelés dimanche à renouveler les 76 conseillers des trois provinces: 40 en province sud, 22 dans le Nord et 14 dans les îles Loyauté.

Cinquante-quatre de ces 76 élus provinciaux siègent ensuite au Congrès de Nouvelle-Calédonie, qui vote les lois locales et désigne le gouvernement collégial. Le mode de scrutin de listes proportionnel à un tour nécessite d'obtenir au minimum 5% des inscrits pour pouvoir participer à la répartition des sièges.

Selon des estimations de la chaîne publique NC Première, les Loyalistes-Le Rassemblement obtiendraient ainsi 28 des 40 sièges de la province Sud, devant les indépendantistes du FLNKS (7) et l'Éveil océanien (5), parti créé pour défendre les intérêts des 22.000 Wallisiens et Futuniens installés dans l'archipel.

Au Congrès, ces mêmes estimations les créditent de 24 élus sur 54, soit la première force mais sans la majorité absolue de 28 qu'ils visaient. L'Eveil océanien, dont une représentante dirige actuellement le Congrès, jouerait à nouveau le rôle d'arbitre avec quatre sièges.

Toujours selon ces estimations, la province Nord basculerait au sein du camp indépendantiste: l'UC-FLNKS y devancerait l'UNI de Paul Néaoutyine, qui la dirigeait depuis 1999, avec 10 sièges contre neuf, trois allant à la liste Les Loyalistes-Le Rassemblement.

Ce basculement, dans ce fief indépendantiste, matérialise la fracture née de l'accord de Bougival signé avec l'Etat en juillet 2025, que l'UC-FLNKS avait rejeté quand l'UNI y était favorable.

- Corps électoral gelé -

Le scrutin s'est déroulé dans le calme, avec peu de queues dans les bureaux de vote, a constaté un journaliste de l'AFP. Environ 2.400 membres des forces de l'ordre, dont 1.120 gendarmes mobiles, sont déployés jusqu'à la mi-juillet en Nouvelle-Calédonie.

"Mes grands-parents se sont bagarrés pour avoir ce droit" de vote, a expliqué Cédric Ixeco, un Kanak de 43 ans, au moment de voter à Nouméa. "Que le meilleur gagne, mais il faut venir voter, c'est important", a-t-il ajouté, disant "vouloir voir les choses changer dans notre quotidien".

"J'espère surtout qu'on va stabiliser le pays et qu'on va réussir à trouver un terrain d'entente", espère Barbara Meylan, 53 ans, venue voter à l'Anse Vata, dans les quartiers sud de Nouméa, avec une procuration. "Il est primordial, ce scrutin, et il y a beaucoup d'attente."

Le scrutin repose sur un corps électoral gelé depuis 2007: seuls votent les résidents installés avant 1998 et leurs descendants. C'est précisément une tentative d'élargir cet électorat à des résidents plus récents qui avait déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024, qui ont fait 14 morts et plus de deux milliards d'euros de dégâts.

Au printemps, une loi organique a finalement intégré 10.575 natifs jusque-là exclus. Le corps électoral est ainsi passé de 169.000 inscrits en 2019 à quelque 192.500.

Le vote sert de test avant la reprise des négociations institutionnelles, que le Premier ministre Sébastien Lecornu a promise dès juillet, avec un objectif d'accord avant la fin de l'année.

Mais les positions restent éloignées. Le FLNKS réclame un nouveau cycle de discussions, quand une partie des loyalistes juge que les principaux compromis ont déjà été trouvés.

C.Moreno--RTC