Le pétrole en forte baisse avec l'espoir d'un retour aux négociations
Les cours du pétrole dévissent mercredi, le marché nourrissant l'espoir de nouvelles négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, qui "examine toujours le plan et la proposition américaine" visant à mettre fin à la guerre, selon le porte-parole de la diplomatie iranienne.
Vers 15H10 GMT (17H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 7,04% à 102,13 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, chutait de 6,69% à 95,43 dollars.
Le Brent a même chuté davantage en séance, jusqu'à 96,75 dollars le baril, avant de limiter sa baisse après une publication de Donald Trump sur son réseau Truth Social laissant à l'Iran un choix entre un accord sur "ce qui a été convenu" ou la reprise de bombardements.
"Une fois que l'Iran aura arrêté sa position, il la communiquera à la partie pakistanaise", pays médiateur entre Téhéran et Washington, a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.
Selon le site américain Axios, "deux responsables américains et deux autres sources informées du dossier" ont fait état "d'un protocole d'accord d'une page visant à mettre fin à la guerre et à établir un cadre pour des négociations nucléaires plus détaillées".
"C'est peut-être la première fois que nous sommes réellement proches d'un accord entre l'Iran et les États-Unis", estime Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
L'accord verrait aussi les deux parties lever les restrictions concernant le transit par le détroit d'Ormuz, selon les informations d'Axios, soit le point le plus scruté par le marché pétrolier.
Un retour à la normale des flux de pétrole transitant par le détroit d'Ormuz "est crucial" car les volumes exportés depuis le Golfe ont baissé "d'environ 13 millions de barils par jour" que le marché doit compenser "par des réserves, qui diminuent manifestement à un rythme soutenu", rendant le marché "plus vulnérable chaque jour", affirment les analystes d'ING.
Mais "même dans un scénario optimiste prévoyant une réouverture progressive du détroit d'Ormuz sur 30 jours, un redressement significatif des volumes n'interviendrait pas avant le mois de juin au plus tôt", à cause de nombreux problèmes logistiques, prévient Paola Rodriguez-Masiu, analyste chez Rystad Energy.
En attendant, le dispositif d'escorte des navires marchands bloqués dans le Golfe par l'armée américaine lancé lundi a été suspendu "pendant une courte période afin de voir si l'accord peut être finalisé et signé", a affirmé le président américain mardi.
F.Thill--RTC