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1er-Mai au Venezuela: manifestations après la "blague" de l'augmentation du revenu minimum
1er-Mai au Venezuela: manifestations après la "blague" de l'augmentation du revenu minimum / Photo: Federico PARRA - AFP

1er-Mai au Venezuela: manifestations après la "blague" de l'augmentation du revenu minimum

Quelque 1.500 personnes ont manifesté vendredi à l'occasion du 1er-Mai à Caracas, capitale du Venezuela, pour réclamer une augmentation salariale et protester contre les 26% de hausse annoncés la veille, une "blague" par rapport au coût de la vie.

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D'autres manifestations ont eu lieu dans le pays, selon des correspondants de l'AFP.

La présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a succédé à Nicolas Maduro, capturé en janvier par l'armée américaine, a annoncé jeudi que le "revenu minimum intégral " allait passer de 190 dollars à 240 dollars par mois (+26%), sans donner plus de détails.

Ce revenu se compose d'un salaire minimum de misère (moins de 30 cents de dollar par mois) plus des primes d'alimentation et de "guerre économique" que le pouvoir a instauré, étant dans l'incapacité d'augmenter le salaire minimum (et le surcoût de cotisations sociales).

"Une prime, ce n’est pas un salaire", ont notamment scandé les manifestants, qui ont défilé sur environ 4 km dans le centre de Caracas.

Des dizaines de policiers antiémeute ont bloqué certaines voies, mais il n'y a pas eu d'affrontements, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.

L’augmentation annoncée est " une blague, une tromperie", estime Franklin Velasquez, dirigeant syndical de 61 ans. " Aujourd’hui, les travailleurs du Venezuela ne savent pas quel est le salaire minimum..."

Lors de l'annonce, Mme Rodriguez, qui avait annoncé une augmentation "responsable", s'était félicitée d'accorder la hausse la "plus importante de ces dernières années ".

Celle-ci est loin de suffire à payer le panier alimentaire de base mensuel de 700 dollars pour une famille de cinq personnes.

Juraina Palacios, une manifestante et enseignante de 55 ans, estime que  "ce qu'elle (la présidente) a fait hier est un abus ".

Les revendications montent dans une économie dévastée qui ne se relève pas, après des années d'inflation et de crise. L'inflation en 2025 a été de 475%, la plus élevée au monde.

Le pays, qui dispose des plus grandes réserves de pétrole au monde, a vu son PIB chuter de 80% entre 2012 et 2021.

La présidente promet des jours meilleurs notamment grâce aux réformes de la loi sur le pétrole et du code minier, qui ouvrent le secteur au privé et devraient attirer de gros investissements.

"Ce n'est pas juste", a estimé un syndicaliste, José Patines, à Barinas (sud-ouest), région natale de l'ex-président Hugo Chavez (1999-2013) où des centaines de personnes se sont réunies. "Le travailleur ne peut pas continuer à porter sur ses épaules une crise qu’il n’a pas provoquée".

P.Johnson--RTC