Hérault: les coquillages de l'étang de Thau de retour sur les étals après la fin de la contamination
La préfecture de l'Hérault a autorisé mardi le retour sur les étals des coquillages de l'étang de Thau --après deux mois d'une interdiction due à la présence d'un virus-- au grand soulagement des producteurs qui craignent toutefois que la confiance des consommateurs ne tarde à revenir.
Le 30 décembre, en pleine période des fêtes de fin d'année, cruciale pour la filière, la préfecture avait pris un arrêté de fermeture temporaire des zones de production concernées et d'interdiction de mise sur le marché des coquillages (huitres, moules et palourdes), dans l'attente du retour à des conditions favorables à leur consommation.
Une décision justifiée par "plusieurs cas de toxi-infections alimentaires collectives liés à la consommation d'huîtres issues de l'étang de Thau et en raison d'un lien épidémiologique, dû à la présence de norovirus, entre ces cas groupés et la consommation des coquillages", très probablement une conséquence de l'épisode pluvieux survenu mi-décembre dans le département, qui avait fait déborder les réseaux d'assainissement.
"Considérant qu'aucun nouvel événement contaminant caractérisé n'est intervenu depuis vingt-huit jours, délai reconnu comme permettant le rétablissement d'une qualité sanitaire satisfaisante du milieu, la préfète de l'Hérault a décidé de lever ces restrictions", a indiqué mardi la préfecture dans un communiqué.
"En conséquence, les activités de récolte, de transport, de purification, d'expédition et de commercialisation des coquillages issus de l'étang de Thau sont de nouveau autorisées à compter de ce jour", ajoute-t-elle.
- "Dévastatrice" -
"C'est un gros soulagement car on a enfin de la visibilité. Maintenant, on va mesurer l'impact de cette fermeture sur les consommateurs", a réagi auprès de l'AFP le président du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée (CRCM), Patrice Lafont, qui estime à une douzaine de millions d'euros le manque à gagner enregistré par la filière depuis la fin décembre.
En 2023, lors d'une précédente suspension de la commercialisation des coquillages de Thau pour des raisons similaires, il avait fallu "entre 6 et 9 mois" pour retrouver un niveau de commercialisation comparable à celui d'avant cette crise, explique M. Lafont.
Et l'impact médiatique des derniers événements a une fois de plus été "fort", souligne M. Lafont. Une semaine après la suspension de la commercialisation de leurs coquillages, une cinquantaine d'ostréiculteurs en colère avaient d'ailleurs bloqué les accès du siège du quotidien Midi Libre pour dénoncer une couverture selon eux "à charge".
Le président du CRCM avait indiqué le lendemain avoir déposé plainte afin que la lumière soit faite sur l'origine de la contamination et pour "obtenir la reconnaissance du préjudice" de cette "fermeture dévastatrice".
Petite mer intérieure, la lagune de Thau, proche de Sète et d'Agde, s'étend sur quelque 7.000 hectares, à proximité de Sète et d'Agde. Elle constitue à la fois un écosystème d'exception et la plus grosse zone conchylicole de la Méditerranée, avec 10% de la production nationale d'huîtres. Elle représente quelque 3.000 emplois.
Les autorités ont promis des aides directes de 1,5 million d'euros et indirectes du même montant pour aider le secteur à surmonter cette nouvelle crise.
C.Moreno--RTC