L'ex-employé d'une crèche londonienne condamné à 18 ans de prison pour des agressions sexuelles d'enfants
L'ex-employé d'une crèche londonienne, reconnu coupable de multiples agressions sexuelles visant des enfants et qui détenait plus de 26.000 images pédopornographiques, a été condamné jeudi à 18 ans de prison par la justice britannique.
Vincent Chan, un Britannique de 45 ans, s'en est notamment pris entre 2022 et 2024 à quatre fillettes, entre deux et quatre ans, lors de leur sieste dans une crèche de la société Bright Horizons, dans le nord de Londres, fermée depuis.
"Votre conduite était absolument malfaisante, perverse et dépravée. Vous êtes devenu un prédateur sexuel, quelqu'un qui a perdu tout sens de la morale", a déclaré le juge John Dodd de la cour criminelle de Wood Green, à Londres, en rendant son verdict.
Vincent Chan a également filmé certaines de ces agressions dans la crèche de West Hampstead, et l'enquête a permis de découvrir des dizaines d'infractions anciennes commises envers des femmes, des fillettes et des adolescentes, en particulier lorsqu'il travaillait dans une école du nord de Londres.
Plusieurs proches des victimes étaient en larmes jeudi sur le banc des familles, et la mère d'une des fillettes de la crèche a évoqué "la culpabilité, le chagrin et la colère" provoqués par ses actes.
Vincent Chan s'en est pris à une victime "complètement sans défense, (...) qui a été blessée dans un contexte où elle aurait dû être en sécurité", a-t-elle déploré.
Cet homme a agressé "des enfants d'à peine deux ans comme des adultes", a résumé jeudi le procureur Philip Stott, qualifiant ses actes de "pire cauchemar de tout parent".
- "Une des enquêtes les plus complexes" -
L'une de ses victimes adultes, une femme que Chan a agressée sexuellement dans son sommeil en se filmant, a dénoncé jeudi son "mépris absolu pour la dignité humaine".
Cette affaire constitue, selon la police de Londres, "l'une des enquêtes les plus complexes sur des agressions sexuelles d'enfants" qu'elle ait jamais menée.
Vincent Chan a été arrêté une première fois en juin 2024 après le signalement d'un employé de la crèche, choqué de constater qu'il avait filmé des enfants dans des situations dégradantes, "en pleurs, se faisant pipi dessus", pour en faire des montages.
La police a ouvert une enquête et saisi ses appareils électroniques, mettant à jour des photos et vidéos des agressions sexuelles commises à Bright Horizons.
Il ont découvert qu'il avait aussi installé en cachette des caméras pour filmer sous les jupes des petites filles dans l'école primaire où il travaillait entre 2007 et 2017, et réalisé des vidéos à caractère sexuel de lui-même, seul dans l'établissement.
En décembre et en janvier, Vincent Chan avait plaidé coupable de l'ensemble des 56 chefs d'accusation retenus à son encontre.
"Nous ne connaissons toujours pas l'ampleur des infractions commises à Bright Horizons. Chaque famille mérite la vérité, et chaque enfant qui a souffert doit voir la justice être rendue", ont déclaré les familles dans une déclaration publiée après le verdict.
- Vidéosurveillance -
"Bright Horizons doit également être tenu pour responsable", ont-elles déclaré. Le cabinet d'avocats Leigh Day, qui représente 50 d'entre elles, ont introduit une action en justice, accusant l'entreprise d'avoir ignoré "à plusieurs reprises" les inquiétudes exprimées à propos du comportement de Vincent Chan.
Les infractions commises précédemment concernent elles 16 victimes, "dont dix étaient enfants au moment des faits", selon la police.
Lundi à Bristol (sud-ouest de l'Angleterre), un homme de 30 ans, ex-employé d'une crèche de la société Partou, a été jugé coupable de viols et d'agressions sexuelles sur des enfants âgés de deux et trois ans.
En février 2025, la directrice de l'établissement l'a vu glisser ses mains dans le pantalon d'un enfant sur des images de vidéosurveillance, ce qui a conduit à son arrestation et entraîné la fermeture de la crèche.
"Ce sont des affaires bouleversantes pour tout le monde dans ce pays", a déclaré mercredi le Premier ministre Keir Starmer au Parlement.
En réponse à la question d'une députée, il a indiqué que le gouvernement "examine la question" de savoir si la vidéosurveillance devait devenir obligatoire dans les structures accueillant des enfants en bas âge.
A.Romano--RTC